Plan longétudinal de l'église Sainte-Jeanne-de-Chantal

Selon l’étude longitudinale de l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal réalisée en 1927 par le Royal Architectural Institute of Canada, l’église de 1774 représente l’espace actuellement occupé par la nef.

L’église originale : 1773-1774

Le contrat de construction de la première église de l’île Perrot a été signé en présence du notaire Thomas Watier, le 22 mars 1773 par Basile Proulx, entrepreneur demeurant à la pointe à Quenet (Beaurepaire) et les syndics Antoine Leduc, Joseph Lefebvre et Pierre Monpetit, lesquels avaient été élus et mandatés à cet effet par l’assemblée des 75 chefs de famille de l’île Perrot, tenue le 13 décembre 1772. L’entente est conclue en contrepartie de la fourniture par les habitants de 60 minots de blé et de 600 livres de lard ainsi que d’une somme de 3 400 livres schelings. Ce paiement, en biens et en espèces, s’étale de la signature du contrat, en mars 1773, à la remise de l’église « clé en main », prête à y installer l’autel, en septembre 1774.

Le bâtiment original, tel que décrit dans l’acte notarié, mesure « 60 pieds de long et 30 pieds de large, en dedans; il a 18 pieds de haut, de la pierre la plus basse jusqu’aux sablières ». Les ouvertures, huit fenêtres et une porte sont montées en pierres de taille de 6 pouces. La couverture est en bardeaux de 4 pouces et le plafond est voûté, « fait de planches blanchies et bouffetées » dont le bout se termine par une moulure. Les fenêtres comportent trois verres en largeur et sept en hauteur, de 6 x 7 pouces, elles sont bien mastiquées et fermées par des volets. Le plan original inclut une partie réservée pour la sacristie qui devait se situer dans la partie curviligne de l’édifice, à l’arrière du maître-autel.

 
Vue arrière de l'église Sainte-Jeanne-de-Chantal

La vue arrière de l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal présente un amalgame intéressant de toitures surmontant les ajouts successifs réalisés pour la plupart au XIXe siècle.

L’agrandissement et les ornementations sculptées : 1812-1828

En 1812, sont complétés des travaux d’agrandissement qui dotent l’édifice des transepts, d’un chœur surélevé et d’une sacristie. L’édifice prend alors la forme d’une croix romaine. La paroisse acquiert le mobilier de style Quévillon, ajoute des bancs et, la même année, Joseph Turcaut entreprend la sculpture des premiers éléments architecturaux décoratifs qu’il achèvera en 1819. Dix ans plus tard, la décoration de l’église se poursuit avec l’ajout dans le chœur et la nef d’ornementations sculptées par Louis-Xavier Leprohon. Ce dernier réalise le baptistère encore utilisé de nos jours.

La sacristie et le clocher : 1839-1865

Dées 1832, le revêtement extérieur de pierres avait été recouvert d’un crépi pour la somme de 740 livres. Entre 1839 et 1849, les travaux se poursuivent nécessitant des déboursés de l’ordre de 15 500 francs, notamment pour l’ajout d’une rallonge de 10 pieds réservée à la sacristie où le curé célébrait la messe sur semaine. Le clocher est détruit par la foudre en 1863 et réparé en même temps que le toit, vers 1865.

 

L'église Sainte-Jeanne-de-Chantal, façade de 1901 Clocher de l'église Sainte-Jeanne-de-Chantal

La nouvelle façade de 1901

En décembre 1896, le clocher s’effondre, emporté par des vents violents ; sa chute endommage la façade du temple qui se lézarde. En 1901, une nouvelle façade dessinée…